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Reproductions à l’huile peintes à la main et tirages d’art sur toile Sources muséales en libre accès, provenance sur chaque œuvre Qualité vérifiée par rapport à la source muséale
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Marguerite Gachet au piano : histoire et signification

Reproduction à l'huile peinte à la main de Marguerite Gachet au piano de Vincent van Gogh, une jeune femme en rose jouant d'un piano droit contre un mur vert pointillé
Marguerite Gachet au piano, 1890; Kunstmuseum Basel · Voir la reproduction

En mai 1890, Vincent van Gogh quitta l’asile de Saint-Rémy et s’installa à Auvers-sur-Oise, un village au nord de Paris choisi en partie pour son calme et en partie pour la présence du docteur Paul Gachet, un médecin qui s’intéressait à l’art et aux artistes tourmentés. Van Gogh n’avait plus qu’environ dix semaines à vivre, même si personne autour de lui ne le savait. Il peignait à un rythme qui étonne encore les catalogueurs, souvent une toile par jour, transformant en sujets les champs, l’église, les chaumières et les habitants d’Auvers.

Parmi ces habitants se trouvait la maison du docteur lui-même. Van Gogh peignit Marguerite Gachet deux fois au cours de son dernier mois là-bas, et cette toile, datée de juin 1890, est la plus intime des deux. Elle la montre au piano, absorbée dans son jeu, sans conscience d’être observée. Rien ne suggère une pose arrangée et tenue ; le tableau se lit comme un moment saisi au milieu d’une note.

Une fille au clavier

Marguerite est assise de profil devant un piano droit, toute son attention portée sur les touches. Ses mains sont levées au-dessus de l’instrument, les doigts trouvant un accord, et une partition est ouverte sur le pupitre devant elle. Un petit bougeoir s’élève du corps du piano à côté d’elle, non allumé, faisant partie du mobilier d’une soirée ordinaire.

Elle porte une robe pâle, teintée de rose, plus blanche que rose à distance, serrée à la taille par une ceinture corail qui est la seule note de couleur la plus forte sur sa silhouette. Ses cheveux sont relevés lâchement, quelques mèches échappées dans le cou, le genre de détail qui vient du fait de peindre une personne réelle plutôt que d’inventer un type.

Derrière elle, le mur est un champ de vert pointillé partout de petits points rouges, et sous ses pieds le sol est posé en carreaux rouges chauds, eux-mêmes mouchetés de vert. La pièce se resserre en ces deux champs de couleur, mur et sol, avec Marguerite et la masse sombre du piano placés entre eux comme une charnière.

Un portrait destiné à être accroché en paire

Marguerite Gachet avait dix-neuf ans cet été-là, la fille unique du docteur, et Van Gogh semble avoir conçu cette toile avec un pendant en tête : un portrait de sa mère, à la manière des portraits domestiques en paire des maîtres anciens qu’il avait étudiés et admirés. Le format inhabituellement haut et étroit, 50 sur 102,5 centimètres, est lui-même un indice de cette ambition, une forme adaptée pour être accrochée à côté d’une autre de mêmes proportions.

Que le pendant ait jamais été commencé ou non n’est pas quelque chose que le tableau lui-même peut nous dire. Ce qui subsiste est cette seule toile, complète en soi, un portrait d’une jeune femme occupée à la musique dans la maison de sa famille.

Elle s’inscrit dans un petit groupe d’œuvres que Van Gogh réalisa de la maisonnée Gachet cet été-là, preuve de la rapidité avec laquelle il avait été entraîné dans la vie domestique de la seule maison d’Auvers qui l’ait accueilli.

La couleur traitée comme un son

La peinture sur le mur est posée en touches courtes et séparées, vert sur vert avec les points rouges déposés presque comme des notes frappées à intervalles, un rythme qui a plus en commun avec le piano que l’on joue qu’avec un quelconque motif de papier peint conventionnel. C’est un procédé que Van Gogh utilisa ailleurs cet été-là, mais ici il fait un vrai travail, remplissant la pièce d’une sorte de son visuel.

Contre ce champ actif, la robe de Marguerite est construite de coups plus longs et plus doux, pâles et légèrement crayeux, de sorte qu’elle apparaît immobile alors même que ses mains sont en mouvement. La ceinture corail et le sol rouge chaud se répondent à travers la toile, maintenant la composition ensemble en haut et en bas.

Le piano lui-même est peint plus sombre et plus librement, bruns et noirs travaillés rapidement, une forme solide contre laquelle la figure pâle et le mur vert gagnent tous deux leur éclat. Rien dans le traitement n’est laborieux ; tout le tableau a la directness d’un travail réalisé en une seule séance soutenue.

Dans une pièce, et à mesure que la lumière change

Accrochée dans une pièce aujourd’hui, la peinture garde cette même qualité d’un moment surpris plutôt que d’un portrait posé. Marguerite ne fait pas face au spectateur, ne se produit pour personne ; l’œil est invité à la regarder comme on jetterait un coup d’œil sur quelqu’un qui répète seul dans la pièce voisine.

Ses couleurs changent avec la lumière qui l’entoure. Dans une lumière froide du jour, le mur vert se lit comme le champ dominant, les points rouges s’apaisant en texture ; sous une lumière chaude du soir, le rose de la robe et le rouge du sol avancent, et le tableau semble moins une étude en vert qu’une étude en chaleur.

L’original est conservé au Kunstmuseum Basel, l’une des œuvres des dernières semaines de Van Gogh à Auvers-sur-Oise qui le montre travaillant non pas vers la crise mais vers une observation calme et concentrée, une jeune femme, un piano, une soirée ordinaire de juin transformée en peinture.

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